Vanités

Une "Vanité" est une catégorie particulière de nature morte, à haute valeur symbolique. Ce genre est très pratiqué à l’époque baroque, particulièrement en Hollande.

Le message au centre de ces compositions est la futilité des plaisirs du monde face à la mort qui guette. Ces peintures invitent à la méditation sur cette idée et rappellent que chacun sera juger sur ses actes après la mort. Elles furent en même temps un élément essentiel à l’émergence de la nature morte en tant que genre.

Dans les Vanités, les objets représentés sont tous symboliques de la fragilité et de la brièveté de la vie, du temps qui passe, de la mort. Parmi tous ces objets symboliques, le crâne humain, symbole de la mort, est l’un des plus courants. D’autres symboles de la mort, plus subtils, pouvaient apparaitre, comme une fleur perdant ses pétales, du bois mort ou une tulipe, symbole florale de la mort.

Vanité de Juriaen van Streeck.
David Bailly, Vanité aux portraits, 1651.

On retrouve ces memento mori ("souviens-toi que tu vas mourir") à coté d’autres symboles des centre d’intérêts humains :

  • de l’argent, des pièces, des bijoux pour la richesse
  • des livres, des outils de mesure pour le savoir, les sciences
  • des instruments de musique, du tabac pour les plaisirs

Parmi tous les symboles utilisé, un autre revient régulièrement dans les compositions : le sablier. Symbole du temps qui passe inexorablement. Les Vanités dénoncent la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain face à la fuite du temps, à la mort. Elles remettent l’humain à sa place en comparaison avec le Divin.

Au XVIIe siècle, ces natures mortes à caractère morale sont nécessaires aux catholiques comme aux protestants pour encourager la dévotion de l’Europe.

Le genre de la Vanité disparaissait presque complètement au XVIIIe siècle, avant d’être réinterprété par des artistes modernes au XXe siècle.

Pablo Picasso, Nature morte aux oursins, 1946.